David, le roi pénitent

Dans la Bible, nous pouvons lire l’histoire du roi David, depuis son onction royale par le prophète Samuel, jusqu’à sa mort et à son éloge par Ben Sirac le Sage (Si 47, 2-11). Encore aujourd’hui, la figure de David sert d’exemple et de modèle. Suivant le cycle catholique des lectures à la messe, ce 1er février 2020 nous rapporte le repentir de David, suite à l’intervention du prophète Nathan. Transportons-nous donc en Palestine, par la pensée, il y a environ 3000 ans, au temps du roi David, fils de Jessé, fils d’Obed, fils de Booz qui s’est marié avec Ruth la Moabite: les ancêtres du Messie, notre Seigneur Jésus-Christ.

Le présent texte fut d’abord prononcé comme homélie à Montréal, lors de la réunion trimestrielle de la Famille des Fils et Filles de Marie, le samedi 1er février 2014, il y a exactement six ans en ce jour. Je l’ai ensuite repris comme conférence à Coaticook (le dimanche 16 février 2014), Drummondville (le vendredi 21 février 2014) et Bristol, Connecticut (le vendredi 7 mars 2014), lors de réunions de prière avec des membres de l’Oeuvre de la Dame.

Cathédrale Notre-Dame de Paris, portail Sainte-Anne, situé à droite du portail central. Les quatre statues à gauche représentent: un roi, la reine de Saba, le roi Salomon, l’apôtre Pierre (image du haut); et celles de droite: l’apôtre Paul, le roi David, Bethsabée, un roi (image du bas).

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«Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Yahvé regarde au coeur.» [1 S 16, 7]

paroles du Seigneur au prophète Samuel,
au moment de l’élection et de l’onction de David

Ô Dieu, je te chante un chant nouveau, sur la lyre à dix cordes je joue pour toi, toi qui donnes aux rois la victoire, qui sauves [de l’épée meurtrière] David ton serviteur. [Ps 144(143), 9-10a]

du psaume 144(143), composé par David

En effet David avait fait ce qui est juste aux yeux de Yahvé et il ne s’était dérobé à rien de ce qu’il lui avait ordonné durant toute sa vie (sauf dans l’histoire d’Urie le Hittite). [1 R 15, 5]

éloge de David dans le Premier Livre des Rois

Hormis David, Ézéchias et Josias, tous multiplièrent les transgressions, ils abandonnèrent la loi du Très-Haut: les rois de Juda disparurent. [Si 49, 4]

bilan de la royauté par Ben Sirac le Sage,
faisant un éloge inconditionnel de trois rois seulement

32Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait si je racontais ce qui concerne Gédéon, Baraq, Samson, Jephté, David, ainsi que Samuel et les Prophètes, 33eux qui, grâce à la foi, soumirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent l’accomplissement des promesses, fermèrent la gueule des lions, 34éteignirent la violence du feu, échappèrent au tranchant du glaive, furent rendus vigoureux, de malades qu’ils étaient, montrèrent de la vaillance à la guerre, refoulèrent les invasions étrangères. [He 11, 32-34]

éloge de la foi exemplaire des ancêtres,
dans la Lettre aux Hébreux

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L’Esprit Saint a voulu, en toute transparence, que le péché de David soit raconté dans la Bible. Et pas n’importe quel péché, mais un péché parmi les plus graves, et même un péché double: l’adultère avec Bethsabée, fille d’Éliam, suivi de l’homicide d’Urie (Ourias) le Hittite, le mari de Bethsabée. Cet élément de vérité et de transparence, sans faire acception de personne,[1] Marie-Paule l’a approuvé et confirmé. Au Cardinal Maurice Roy, qui trouve que beaucoup de choses ont été écrites en Vie d’Amour, et ce du vivant encore de certaines personnes,[2] Marie-Paule a répondu:

Quand il s’agit d’une Oeuvre de Dieu, Éminence, la sincérité doit être à la base d’un récit. Prenez la Bible, tout a été dit sur le roi David et combien d’autres. Prenez les Évangiles, tout a été relaté et paraissait peu après la mort du Christ. [VA App. I, 131][3]

En effet, David n’est pas le seul à avoir gravement péché et à faire l’objet, pour ainsi dire, d’une confession publique dans la Bible. Nous pouvons lui associer Moïse, lorsqu’il a fait jaillir les eaux du rocher dans le désert, en ayant douté de la Parole de Dieu devant toute la Communauté d’Israël (Nb 20, 1-13). Nous devons également mentionner l’apôtre Pierre qui, après avoir juré fidélité, a renié et abandonné Jésus son Maître, ce que rapporte les quatre évangélistes.[4] Et que dire de Paul, l’apôtre des nations, qui a dû accepter d’avoir une écharde en sa chair pour le garder dans l’humilité (2 Co 12, 5-10). Dieu permet ces moments de faiblesse, même chez de tels hommes grandioses, de peur qu’ils ne s’enorgueillissent et qu’ils ne deviennent des êtres arrogants et despotiques. Étant des hommes comme nous, ils ne doivent pas être mis sur un piédestal, comme s’ils étaient des êtres supérieurs et transcendants. Au contraire, ils doivent devenir nos modèles d’humilité et de repentir, de douceur et de bonté, sachant que celui qui veut être le premier doit devenir «le dernier de tous et le serviteur de tous» (Mc 9, 35). Même Marie-Paule, pourtant sur le point d’être stabilisée pour toujours en sa divinité, n’a pas voulu sa vie durant que nous nous attardions à l’instrument qu’elle était en son humanité.[5]

À la suite de Jésus, Mère Paul-Marie nous apprend «à nous sanctifier à travers nos misères et par nos misères»,[6] et elle cite le cas de grands convertis comme Marie-Madeleine, le roi David, Jérôme, Camille de Lellis, Augustin et, plus près de nous, Thomas Merton.

Ces exemples sont pour nous un enseignement providentiel, destiné à nous encourager dans notre course vers la sainteté. Tous les hommes, du plus petit jusqu’au plus grand, expérimentent cette loi universelle de la fragilité humaine. Même les plus grands saints pèchent sept fois par jour, jusqu’à trébucher parfois en des fautes plus graves.[7] Ils nous enseignent cependant que l’amour attire le pardon et couvre la multitude de nos péchés.[8] Marie-Madeleine fut lavée de ses nombreux péchés en mêlant ses larmes d’amour au sang rédempteur de son Rabbouni (Lc 7, 36-50). C’est par une triple confession d’amour que Pierre effaça son triple reniement (Jn 21, 15-17). La petite Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui était remplie d’amour, disait que le Bon Dieu ne lui avait pas pardonné beaucoup, mais qu’il lui avait pardonné tout, même les péchés qu’elle n’avait pas commis et dont elle fut préservée par la bonté divine. Dans son humilité et sa petitesse, elle considérait que, si elle avait été placée dans les circonstances d’une Marie-Madeleine, elle aurait fait la même chose, voire pire encore.[9]

Oui, c’est seulement dans le terreau de l’humilité, arrosé par la grâce et fertilisé par les humiliations, que la plante de l’amour peut surgir et grandir.[10] D’ailleurs, les mots «humus», «humilité», «homme» et «humain» partagent une même racine étymologique qui signifie tout simplement «terre». Comme Adam qui a été façonné par Dieu à partir de la glaise du sol (Gn 2, 7), nous aussi, nous sommes des êtres fragiles, comme des vases d’argile (2 Co 4, 7).

Allons-nous, donc, nous scandaliser du péché de David, allons-nous le juger, lui jeter la pierre? Saint Ambroise, évêque de Milan, Père et Docteur de l’Église,[11] a écrit une Apologie de David,[12] ou si vous préférez, un plaidoyer en sa faveur.

Celui que Dieu a justifié [l’on pourrait dire aussi: pardonné], tu oses, toi, le juger! [§3, p. 73], s’exclame Ambroise. Inexcusable en effet est tout homme qui condamne en autrui ce qu’il fait lui-même. Car par le fait même qu’il juge autrui, c’est lui-même qu’il juge en même temps. [§51, p. 145][13]

Saint Augustin, ce grand converti, et qui s’est converti auprès de saint Ambroise, parle en connaissance de cause lorsqu’il commente ainsi le repentir de David:

Mon crime, dit David, moi, je le reconnais. Si moi, je reconnais, c’est donc à toi de fermer les yeux. Ne prétendons aucunement que notre vie est vertueuse et que nous sommes sans péché. Pour que notre vie mérite l’éloge, demandons pardon. Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d’autrui. Ils ne cherchent pas ce qu’ils vont corriger, mais ce qu’ils vont critiquer. Et puisqu’ils ne peuvent pas s’excuser, ils sont prêts à accuser les autres. Ce n’est pas l’exemple de prière et de satisfaction envers Dieu que nous donne le psalmiste lorsqu’il dit: Car mon crime, moi, je le reconnais; et mon péché est toujours devant moi. Celui-là n’était pas attentif aux péchés d’autrui. Il invoquait son propre témoignage contre lui-même, il ne se flattait pas, mais il s’examinait, il descendait profondément en lui-même. Il ne se pardonnait pas [l’on pourrait dire aussi: ne se justifiait pas] et c’est justement pour cela qu’il pouvait demander sans impudence d’être pardonné.[14]

Grande a été la faute de David, mais grand aussi a été son repentir et profonde sa douleur. Selon les commentateurs, il est tombé par faiblesse de la chair plutôt que par la malice ou la perversité de l’esprit. Toujours selon Ambroise:

Mais les saints du Seigneur qui brûlent du désir de mener jusqu’au bout le saint combat et de courir la course du salut, si d’aventure, en hommes qu’ils sont, ils viennent à tomber par suite de la faiblesse de la nature plus que par l’attrait du péché, ils se relèvent, plus ardents à reprendre la course: la honte de leur faute est un aiguillon qui les pousse à de plus rudes combats; en sorte que, non seulement, semble-t-il, leurs chutes n’ont nullement été pour eux un obstacle, mais qu’elles paraissent même avoir multiplié pour eux les stimulants à courir plus vite. [§6, pp. 77-79; cf. §49, p. 139]

Lorsqu’il a vu que la parabole du prophète Nathan[15] s’appliquait à lui, David a confessé sa faute immédiatement et il s’est relevé promptement. C’est le signe d’une virilité intérieure que de reconnaître sa faute, et «la marque d’un esprit en bonne santé que de sentir la blessure du péché» (§47, p. 137), tout comme le corps physique est averti en présence de la douleur. David a aussi expié et payé très cher son péché, non seulement par la mort de l’enfant de Bethsabée, mais aussi par la mort violente de ses fils Amnon, Absalom et Adonias, ainsi que par d’autres malheurs.[16] Saint Ambroise fait cette observation:

David a péché, ce dont les rois sont coutumiers. Mais il a fait pénitence, il a pleuré, il a gémi, ce dont les rois ne sont pas coutumiers. [§15, p. 93][17]

Lors de mes études théologiques, certains professeurs insistaient pour dire que David n’était pas un saint. J’étais peiné, parce que je le considérais comme mon saint patron. On reconnaissait qu’il était un grand stratège militaire et une figure historique incontestable, mais il n’était pas un saint. Pourtant, son nom figure au Martyrologe romain, à la date du 29 décembre, avec la mention: «À Jérusalem, le saint roi et prophète David.» De plus, le patriarcat latin de Jérusalem le célèbre chaque année par une mémoire obligatoire, avec le formulaire d’une messe propre en son honneur. En 1994, il y a plus de 25 ans, j’arrivais au Centre de l’Immaculée comme aspirant de la Communauté des Fils de Marie. J’ai eu la chance, à ce moment-là, d’avoir une conversation avec Raoul Auclair, seul à seul, sur la terrasse à l’extérieur (ce fut d’ailleurs ma seule occasion). Raoul, qui perdait la mémoire, me demandait à chaque cinq ou dix minutes: «Comment t’appelles-tu?» — «Je m’appelle David.» — «Ah! Tu t’appelles David! Dâââvid, avec trois accents circonflexes!» Et Raoul me racontait que le roi David était le plus grand personnage de tout l’Ancien Testament. Je lui ai demandé: «Plus grand même que Abraham?» Il m’a répondu, d’un air songeur: «Oui.» Il m’a également dit, et ses paroles sont restées gravées dans ma mémoire: «Mérite ce nom!» Je ne peux m’empêcher de penser que, pour saint Raoul-Marie, théologien et prophète, la véritable grandeur, qui s’enracine dans l’humilité, se conjugue avec une forme de sainteté. Le Catéchisme de l’Église catholique déclare:

Les patriarches et les prophètes et d’autres personnages de l’Ancien Testament ont été et seront toujours vénérés comme saints dans toutes les traditions liturgiques de l’Église. [CEC 61; cf. 64][18]

appartamento-Borgia-sala-del-credo
Musées du Vatican, appartement Borgia, salle du Credo. À l’intérieur des douze lunettes sont représentés un apôtre et un prophète, symbolisant la concordance entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Ci-dessus, Pierre et Jérémie (lunette de gauche), Jean et David (lunette de droite). Source: Wikipedia.

Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favílla,
Teste David cum Sibýlla!

Jour de colère, ce jour-là
Il réduira le monde en cendres,
David l’atteste, et la Sibylle.

Dies-irae

[Le Dies iræ est une hymne liturgique autrefois chantée dans les messes de Requiem (messe pour les défunts). Cette séquence médiévale est considérée par les spécialistes comme l’un des plus beaux spécimens du chant grégorien. Elle développe le thème du Jugement Dernier, avec des accents apocalyptiques. La première strophe associe les prophéties de David aux oracles des Sibylles, dont les prédictions annoncèrent le Christ au monde païen.]

Le saint roi David a reçu beaucoup du Seigneur. Avec une personnalité riche, fascinante du seul point de vue humain, rien ne lui manque: beauté, habileté, bravoure, grands desseins, don de s’attacher les hommes. Malgré ses faiblesses et ses lacunes, sa vie religieuse personnelle est en avance sur celle de son temps, riche en élans de prière, dans une foi simple et une totale confiance en Dieu. Roi-poète, il est à l’origine de plusieurs psaumes, et c’est lui qui a organisé le culte et la liturgie du Temple, dont il a aussi préparé la construction et rassemblé les matériaux (cf. CEC 2578-2580; 2585-2589). Vaillant au combat, il a unifié les tribus d’Israël et conquis la ville sainte de Jérusalem, la Cité de David. Il a fait transférer l’Arche d’Alliance à Jérusalem, en dansant de joie devant elle et en tournoyant de toutes ses forces, en une prière de louange (nous savons que l’Arche et Jérusalem elle-même symbolisent le mystère de l’Immaculée). Poursuivi par la jalousie et la haine meurtrière du roi Saül, David fit preuve de bonté envers son ennemi et de respect pour l’autorité royale de ce dernier. Il fut fidèle et loyal dans son amitié avec Jonathan, miséricordieux et indulgent face à Absalom, abandonné et patient sous la malédiction de Shiméï. David, né à Bethléem, est l’ancêtre de Joseph et de Marie, la Mère virginale du Messie, à qui l’Archange Gabriel affirma lors de l’Annonciation: «Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.» (Lc 1, 32) David représente la figure prophétique par excellence du Roi-Messie, le Christ Seigneur, qui sera désigné comme le «Fils de David» (Mt, 1, 1; Rm 1, 3; Ap 22, 16) et considéré comme un «nouveau David». Enfin, il est l’ancêtre spirituel de tous les Pauvres de Yahvé (les «Anawim»), ces «pauvres de coeur» à qui le Royaume est promis dans la Bible, chantés par Marie dans son Magnificat et déclarés bienheureux par Jésus dans les Béatitudes.[19]

[Le David de Michel-Ange se trouve à la Galleria dell’Accademia, un musée de Florence; le David de Nicolas Cordier est abrité dans la chapelle Pauline de la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome; le David de Gian Lorenzo Bernini est conservé à la Galerie Borghèse, un musée de Rome; le David de Adamo Tadolini est situé au pied de la colonne de l’Immaculée, sur la place d’Espagne, à Rome.]

Avec une telle vie, il était probablement nécessaire que David fasse l’expérience de sa faiblesse, puisqu’il n’est qu’un homme, qu’il n’est rien par lui-même et qu’il est dépendant en tout de la grâce de Dieu. Saint Jean de la Croix affirme que David a vécu la nuit passive des sens et la nuit de l’esprit,[20] et au soir de sa vie, l’amour de David pesa plus fort que son péché, dans la balance du jugement. Sainte Thérèse d’Avila, qui parlait de la joie savoureuse de son âme, disait dans son autobiographie:

Il me semble que c’est là ce que ressentait l’admirable esprit du royal prophète David quand il jouait de la harpe en chantant les louanges de Dieu. J’ai une grande dévotion pour ce glorieux Roi, et je voudrais que tout le monde l’honore, en particulier nous, pécheurs.[21]

David tenant la harpe
Statue en bronze du roi David, érigée en 2008 près du lieu considéré comme le tombeau de David, sur le mont Sion à Jérusalem (source: Wikipedia).

Pour terminer, voici comme le Père Éric Roy décrivait le combat de David et de Goliath, dans le journal Le Royaume, en janvier-février 2008:

Ce combat à la fois spectaculaire et mémorable nous montre la crainte du peuple de Dieu face à l’ennemi. Mais Dieu a préparé et formé David depuis sa jeunesse: il avait ce coeur pur, cette confiance inébranlable qui lui venait de Dieu, et il n’a pas eu peur d’affronter Goliath, un adversaire redoutable sur le plan humain. Pour celui qui porte sur la scène un regard superficiel, David n’est qu’un gamin, mais, pour celui qui considère cet événement avec un regard surnaturel, David se révèle l’instrument choisi par Dieu pour vaincre l’ennemi qui avait osé défier Dieu et son peuple choisi! Et c’est donc grâce à sa confiance et à sa fidélité que Dieu a permis à David de participer à la réalisation de son Plan divin et de l’histoire du Salut.[22]

Chapelle-Sixtine-Michelangelo-David-et-Goliath
Représentation de David et Goliath, par Michelangelo, dans l’un des quatre pendentifs triangulaires formant les coins de la fresque du plafond de la chapelle Sixtine, à l’intérieur du Palais apostolique et des Musées du Vatican.

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Ben Sirac le Sage

Mon fils, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve. /…/ Tout ce qui t’advient, accepte-le et, dans les vicissitudes de ta pauvre condition, montre-toi patient, car l’or est éprouvé dans le feu, et les élus dans la fournaise de l’humiliation. [Si 2, 1.4-5]

Évangile selon saint Marc

Et il advint qu’un jour de sabbat il passait à travers les moissons et ses disciples se mirent à se frayer un chemin en arrachant les épis. Et les Pharisiens lui disaient: «Vois! Pourquoi font-ils le jour du sabbat ce qui n’est pas permis?» Il leur dit: «N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui et ses compagnons, comment il entra dans la demeure de Dieu, au temps du grand prêtre Abiathar, et mangea les pains d’oblation qu’il n’est permis de manger qu’aux prêtres, et en donna aussi à ses compagnons?» Et il leur disait: «Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat; en sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat.» [Mc 2, 23-28; cf. Mt 12, 1-8; Lc 6, 1-5]

Évangile selon Maria Valtorta

Au commencement de la troisième année de la vie publique, selon le tome 5 de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta, Jésus et ses apôtres firent un voyage à Antioche de Syrie. Ils évangélisèrent également en Phénicie, une région côtière correspondant au Liban actuel, en bordure de la mer Méditerranée, la mer entre les terres, la mer intérieure. Ce voyage apostolique correspond au passage évangélique de saint Mathieu où il est dit que «Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon» (Mt 15, 21) ou de saint Marc qui rapporte que «il [Jésus] s’en alla dans le territoire de Tyr» (Mc 7, 24). C’est au retour de ce voyage que Jésus guérit la fille de la «femme cananéenne» (Mt 15, 22), qui était «grecque [païenne], syrophénicienne de naissance» (Mc 7, 26). Alors que le groupe apostolique a le coeur lourd, suite au mauvais accueil, au mépris et à l’indifférence des Phéniciens, Maria Valtorta raconte:

Ils vont très silencieux dans le fond d’une vallée. Des bergers et des troupeaux seulement se présentent à leurs yeux, mais Jésus ne paraît même pas les voir.

C’est le soupir découragé de Jacques de Zébédée et ses paroles inattendues, fruit d’une réflexion soucieuse, qui attirent l’attention de Jésus… Jacques dit: «Et défaites sur défaites!… Il semble que nous soyons des maudits…»

Jésus lui met la main sur l’épaule: «Ne sais-tu pas que c’est le sort des meilleurs?» [tome 5, chapitre 18, p. 117]

Ce passage a été cité par Jeannine Thifault-Blanchette, dans l’article «Pourquoi revêtir la “livrée de Marie”» (Le Royaume, n. 204, juillet-août 2010, p. 5, 3e colonne) [LR-204].

Suivant le récit valtortien, c’est à cette occasion que, pour la première fois, Jésus qualifia les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, de «fils du tonnerre» («boanergès», en grec). En effet, par un zèle mal éclairé et un amour imparfait, Jacques voulait exercer une vengeance à l’encontre des Phéniciens qui affligeaient Jésus. Ce dernier lui répondit:

«Oh! fils du tonnerre! D’où te vient cette véhémence? Veux-tu donc être une foudre exterminatrice?» Jésus sourit de la fougue et des projets de Jacques.

Engaillardi par ce sourire, Jacques voulut entraîner dans ses desseins son frère Jean, lequel approuva:

«Oh! oui. Allons et mettons-nous à parler. Et s’ils l’insultent encore comme un roi de paroles, un roi de comédie, un roi sans argent, un roi fou, frappons dur pour qu’ils s’aperçoivent que le roi a aussi une armée de fidèles et qu’ils ne sont pas disposés à le laisser mépriser. La violence est utile en certaines choses. Allons, frère!»

Mais voici la réprimande, empreinte d’amour et d’un brin d’humour, d’un Jésus mi-sérieux dont les reproches n’ont pour but que de provoquer le repentir des fils de Zébédée, qu’il serre ensuite contre son coeur, «avec un visage que l’amour rend lumineux»:

«Mais écoutez-les! Et moi, qu’ai-je prêché pendant tant de temps? Oh! surprise des surprises! Même Jean, ma colombe, est devenu un épervier! Regardez-le, vous, comme il est laid, troublé, ébouriffé, déformé par la haine! Oh! honte! Et vous vous étonnez que des phéniciens restent indifférents, que des hébreux soient haineux, que des romains m’intiment l’expulsion, quand vous, les premiers, vous n’avez encore rien compris depuis deux années que vous êtes avec moi, quand vous êtes devenus fiel par la haine que vous avez dans le coeur, quand vous rejetez de votre coeur ma doctrine d’amour et de pardon, quand vous l’expulsez comme une sottise, et accueillez comme une bonne alliée la violence! Oh! Père Saint! Cela, oui, c’est une défaite! Au lieu d’être comme autant d’éperviers qui aiguisent leurs becs et leurs griffes, ne vaudrait-il pas mieux que vous soyez des anges qui prient le Père de donner le réconfort à son Fils? Quand donc a-t-on vu un orage faire du bien par ses foudres et sa grêle? Eh bien, en souvenir de ce péché que vous avez commis contre la Charité, en souvenir du moment où j’ai vu affleurer sur votre visage l’animal-homme au lieu de l’homme-ange, que je veux toujours voir en vous, je vais vous surnommer “les fils du tonnerre”.» [tome 5, chapitre 18, p. 118]

Lorsque l’heure de la Passion sera proche, et que Jésus sera cette fois repoussé par les Samaritains, les deux «fils du tonnerre» mijotèrent d’ordonner «au feu de descendre du ciel et de les consumer» (Lc 9, 54). Jésus dut les réprimander de nouveau, et leur dira dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé:

«Je vous ai bien appelés par votre vrai nom. Mais le tonnerre ne fait pas de mal. La foudre, oui, peut tuer. Pourtant souvent le tonnerre annonce la foudre. Ainsi en arrive-t-il à celui qui n’enlève pas de son esprit tout désordre contre l’amour. Aujourd’hui il demande de pouvoir punir. Demain il punit sans demander. Après-demain il punit même sans raison. Il est facile de descendre… Aussi je vous dis de vous dépouiller de toute dureté de coeur envers votre prochain. Faites comme je fais, et vous serez sûrs de ne pas vous tromper. M’avez-vous peut-être jamais vu me venger de quelqu’un qui m’afflige?» [tome 8, chapitre 36, p. 319]

Il me semble que l’on pourrait faire un rapprochement avec l’épisode biblique de Shiméï proférant des malédictions à l’encontre du roi David (2 S 15, 5-14). Suite à la révolte de son fils Absalom, David prit la fuite avec sa famille, ses officiers et d’autres gens fidèles au roi, et quittant Jérusalem, il alla se réfugier à Mahanayim.

5Comme David atteignait Bahurim, il en sortit un homme du même clan que la famille de Saül. Il s’appelait Shiméï, fils de Géra, et il sortait en proférant des malédictions. 6Il lançait des pierres à David et à tous les officiers du roi David, et pourtant toute l’armée et tous les preux encadraient le roi à droite et à gauche. 7Voici ce que Shiméï disait en le maudissant: «Vat’en, va-t’en, homme de sang, vaurien! 8Yahvé a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül, dont tu as usurpé la royauté, aussi Yahvé a-t-il remis la royauté entre les mains de ton fils Absalom. Te voilà livré à ton malheur, parce que tu es un homme de sang.» [2 S 16, 5-8]

Abishaï, l’un des commandants de l’armée de David, voulait venger l’honneur du roi en allant tuer Shiméï. Mais David apaisa tout le monde et démontra sa grandeur d’âme par une réponse faite d’humilité et de douceur, d’acceptation et d’abandon, des dispositions que Jésus voulut inculquer à ses apôtres, en vue de l’amour des âmes:

10Mais le roi [David] répondit: «Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Çeruya? S’il maudit et si Yahvé lui a ordonné: “Maudis David”, qui donc pourrait lui dire: “Pourquoi as-tu agi ainsi?”» 11David dit à Abishaï et à tous ses officiers: «Voyez: le fils qui est sorti de mes entrailles [Absalom] en veut à ma vie. À plus forte raison maintenant ce Benjaminite! Laissez-le maudire, si Yahvé le lui a commandé. 12Peut-être Yahvé considérera-t-il ma misère et me rendra-t-il le bien au lieu de sa malédiction d’aujourd’hui.» David et ses hommes continuèrent leur route. Quant à Shiméï, il s’avançait au flanc de la montagne, parallèlement à lui, et tout en marchant il proférait des malédictions, lançait des pierres et jetait de la terre. [2 S 16, 11-12]

[David est le huitième fils de Jessé (selon 1 S 16, 10-11; 1 S 17, 12-14), mais il est dit le septième en 1 Ch 2, 13-15 (l’un des fils de Jessé est peut-être mort avant l’accession de David au trône). David avait également deux soeurs: Çeruya et Abigayil (1 Ch 2, 16). Çeruya eut trois fils: Abishaï, Joab et Asahel, neveux de David. La Bible dit d’Asahel qu’il «était agile à la course comme une gazelle sauvage» (2 S 2, 18). Asahel fut tué par Abner (2 S 2, 23). Nous pouvons mettre en parallèle les deux fils de Çeruya, Abishaï et Joab, avec les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, les deux apôtres que Jésus a surnommés les «fils du tonnerre» («boanergès»).]

Ambroise de Milan, dans son Apologie de David

Selon un autre point de vue, nous pouvons comprendre aussi que le péché peut être utile et que c’est par la providence du Seigneur que des fautes ont pu se glisser chez les saints. Ils ont été en effet proposés à notre imitation et c’est pourquoi l’on a veillé à ce que même eux tombent parfois. Car s’ils avaient achevé leur course à travers tous les terrains glissants de ce monde, sans qu’elle rencontre le péché, ils nous auraient donné, à nous qui sommes plus faibles, un prétexte pour croire qu’ils sont dotés d’une nature particulière, supérieure et divine, les rendant incapables d’admettre en eux le péché et d’avoir part à la faute. Et cette pensée, à coup sûr, nous détournerait d’une imitation impossible, puisque nous croirions être exclus d’une telle substance. La grâce de Dieu les a donc abandonnés un court moment, afin que leur vie soit pour nous une exhortation à les imiter et que nous tirions de leurs actes une leçon d’innocence aussi bien que de repentir. Ainsi, quand je lis le récit de leurs chutes, j’apprends qu’eux aussi ont eu part à mon infirmité et, en les croyant tels, j’en conclus qu’il faut les imiter. [§7, pp. 79-81]

Comme il convient bien à son caractère de nous apprendre que les moments où nous subissons des injustices et où nous sommes en péril sont pour nous l’occasion de combattre contre les tentations et de contrôler notre résistance aux épreuves! Et c’est pourquoi ce n’est pas sans que Dieu en ait décidé, que ce temps nous est ordinairement imposé. [§30, p. 113]

Raoul Auclair

Le parangon des rois est David, de qui toute monarchie chrétienne tire sa justification. [Les Centuries de Nostradamus ou le Dixième Livre sibyllin, p. 187]

Abraham et Moïse, David et les Prophètes furent envoyés afin d’habituer nos yeux à l’éclat de la lumière divine; mais aussi, mais surtout, afin d’ouvrir notre intelligence au paradoxe inouï de l’Abaissement de Dieu. [Mystère de l’Histoire, p. 107]

Mère Paul-Marie

Bien plus, il convient d’expliciter un fait important qui prouve que personne ne peut juger vraiment la place qu’occupe une âme, à moins d’une indication divine. C’est qu’il y a des âmes de vertu, dont la vie a été un exemple, et qui connaîtront un séjour au purgatoire parce que dans leur vie honnête et vertueuse, elles n’ont pas connu les affres de la terrible «nuit de l’esprit» qui dissout tout genre d’impureté, imperceptible au regard humain.

Cette «nuit de l’esprit» vaut de longues années de purgatoire, surtout si les sept degrés de souffrances ont été vécus. C’est ce qui rend l’âme pure comme du cristal, brillante comme le diamant.

Il y a d’autres âmes sur terre qui luttent contre certains défauts connus de tous, qui tombent et se relèvent, méprisés des uns et des autres, qui, de plus, connaissent l’affreuse torture des «nuits de l’âme», qui vivent en fait un véritable enfer, eh bien! ces âmes, déjà purifiées par le feu des grandes tribulations, pourront monter plus vite vers le Dieu d’amour parce qu’elles auront été purifiées dès ici-bas. C’est pourquoi, nous ne pouvons jamais juger. Au Ciel nous aurons la surprise de voir là des gens que nous ne croyions pas y voir; de ne pas y voir des âmes que l’on croyait y trouver. La troisième surprise sera de s’y trouver soi-même. Tout doit être purifié pour entrer dans le Royaume des Cieux. [VA V, 172-173; souligné dans le texte]

Bien sûr, nous avons nos défauts, nos imperfections et commettons nos erreurs. Vie d’Amour en fait mention, car une Oeuvre de Dieu qui doit être relatée ne peut souffrir l’ombre du silence sur les erreurs ou les imperfections pour ne faire ressortir que les qualités ou les efforts pour les obtenir. Ce serait fausser l’histoire et, pour qui que ce soit, Dieu ne saurait supporter l’hypocrisie, le mensonge, les fautes d’omission au profit d’une relation dorée de faux brillants.

Ainsi, par exemple, dans la Bible, on n’a pas fait disparaître le crime de David qui voulut se libérer d’Urie pour épouser sa femme (2 S 11). Cet homme, choisi par Dieu, reconnut son péché et fit pénitence, si bien qu’il devint le saint Roi David. Et l’on pourrait multiplier les exemples que l’on découvre à la lecture des pages de l’Ancien et du Nouveau Testament. A-t-on omis le triple reniement de Pierre, reniement annoncé par le Christ, sous prétexte que Pierre fut nommé le Chef des Apôtres? A-t-on caché l’acte criminel de Judas qui a trahi son Maître et qui s’est ensuite pendu, alors que ces faits furent écrits en un temps où leur parenté vivait encore?

L’Histoire écrite d’une Oeuvre de Dieu ne saurait souffrir pareilles considérations. Et quand Dieu exige que de tels écrits soient connus, Ses messagers n’ont pas le choix s’ils restent fidèles: c’est la vérité qui prime, c’est l’obéissance et c’est la souffrance. [brochure n. 10, Lac-Etchemin, pp. 16, 18; souligné dans le texte]

✡✡✡✡✡

J’aimerais enfin partager la lettre de demande que j’avais écrite à Padre Jean-Pierre, en vue de la réception de l’ordre sacré du diaconat, datée du 29 décembre 2006, en la fête de mon saint patron.

Padre Jean-Pierre, Père de l’Église de Jean
630, route du Sanctuaire
Lac-Etchemin, QC, Canada
G0R 1S0

Lac-Etchemin, 29 décembre 2006
«À Jérusalem, le saint roi et prophète David»
(Martyrologe Romain)

«Mais toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité, tourne-toi vers moi, pitié pour moi! Donne à ton serviteur ta force et ton salut au fils de ta servante!» (Ps 86[85], 15-16)

Cher Padre Jean-Pierre,

C’est dans une entière liberté et en toute spontanéité que je demande à être admis à l’ordre sacré du diaconat au sein de l’Église de Jean, pour la Communauté des Fils de Marie. Pour tous les jours de ma vie, mon désir le plus fervent est de servir le pauvre, la veuve et l’orphelin, c’est-à-dire tous mes frères et soeurs en humanité, quels que soient leurs besoins corporels ou spirituels qu’il sera en mon pouvoir d’assister, tel un bon dispensateur de la grâce multiforme de Dieu (1 P 4, 10-11). J’espère «servir les desseins de Dieu» (Ac 13, 35), en «homme selon son coeur» (1 S 13, 14; cf. Ps 89[88], 21; Ac 13, 22), à l’instar de mon patron, «le patriarche David» (Ac 2, 29; Ac 4, 25; Si 47, 2-11). Avec la grâce de Dieu (Ac 7, 46), j’accomplirai le service royal de la Charité et je porterai le témoignage prophétique de la Vérité. Oui,

«L’amour de Yahvé, à jamais je le chante, d’âge en âge ma parole annonce ta vérité. Oui, je le dis: l’amour est bâti à jamais; les cieux, tu fondes en eux ta vérité.» (Ps 89[88], 2-3)

Je prendrai soin des «choses saintes de David, celles qui sont dignes de foi» (Ac 13, 34),* et qui ont été promises en vue de l’Alliance éternelle (Is 55, 3; Za 13, 1). Que Jésus, la «Clef de David» (Ap 3, 7; Is 22, 22), et Marie, la «Tour de David» (Ct 4, 4), soutiennent ma foi (He 11, 32-34) dans le mystère de Marie-Paule Co-Rédemptrice et dans le mystère de la Quinternité divine et immaculée!

Avec mon amitié fraternelle et ma piété filiale, je m’incline sous ta main bénissante,

Frère David Lorange

Frère David Lorange, o.ff.m.
144, 14e Rang
Lac-Etchemin, QC, G0R 1S0

*Grec: τὰ ὅσιόv Δαυιδ τὰ πιστά; Latin: sancta David fidelia.


Notes

[1]Cf. saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, n. 59.

[2]Nous sommes en 1983, et Monseigneur Jean-Pierre van Lierde est toujours vivant, pour ne donner qu’un exemple.

[3]Cf. Sylvie Payeur-Raynauld, «L’abbé André Lessard» (Le Royaume, n. 190, mars-avril 2008, p. 15, 3e colonne) [LR-190].

[4]Mt 26, 69-75; Mc 14, 66-72; Lc 22, 54-62; Jn 18, 17.25-27.

[5]Elle écrit en Vie d’Amour, à propos de l’admiration trop poussée du Père Philippe Roy à l’endroit de Marguerite de Belgique et de Marie-Paule elle-même:

Or, cette admiration pour les instruments doit disparaître car les instruments doivent demeurer cachés et ils sont des riens. [VA VIII, 320]

Cf. également VA VIII, 310; VA VIII, 341; VA VIII, 345. Pour sa part, saint Paul écrivait aux Corinthiens:

Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons. [2 Co 5, 16]

[6]«Un seul troupeau, un seul Pasteur» (Le Royaume, n. 123, septembre-octobre 1997, p. 10) [LR-123].

[7]Cf. Marie-Paule, Le Livre blanc II, Rayonnement de l’Église de Jean, p. 24; «Un seul troupeau, un seul Pasteur» (Le Royaume, n. 123, septembre-octobre 1997, p. 11, 1ère colonne) [LR-123].

Car le juste tombe sept fois et se relève, mais les méchants trébuchent dans l’adversité. [Pr 24, 16]

Et si, sept fois le jour, il pèche contre toi et que, sept fois, il revienne à toi, en disant: «Je me repens», tu lui remettras. [Lc 17, 4]

21Alors Pierre, s’avançant, lui dit: «Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner? Irai-je jusqu’à sept fois?» 22Jésus lui dit: «Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix-sept fois.» [Mt 18, 21-22]

La symbolique du nombre sept se retrouve dans le récit de la guérison de Naamân, le Syrien (2 R 5; Lc 4, 27). Le prophète Élisée lui a demandé de se baigner sept fois dans le Jourdain, afin que sa chair redevienne nette et soit guérie de la lèpre (2 R 5, 10.14).

[8]Selon l’enseignement du Livre des Proverbes (Pr 10, 12), repris par saint Pierre lui-même dans sa première lettre (1 P 4, 8). Cf. aussi 1 Co 13, 7; Jc 5, 20.

[9]Cf. Histoire d’une âme, manuscrits autobiographiques, Paris, Cerf-Desclée de Brouwer, 1990, pp. 99-100, 296, 298. Cet aspect de la doctrine spirituelle de la petite Thérèse mérite d’être cité:

Ah! je le sens, Jésus me savait trop faible pour m’exposer à la tentation, peut-être me serais-je laissée brûler tout entière par 1a trompeuse lumière si je l’avais vue briller à mes yeux… Il n’en a pas été ainsi, je n’ai rencontré qu’amertume là où des âmes plus fortes rencontrent 1a joie et s’en détachent par fidélité. Je n’ai donc aucun mérite à ne m’être pas livrée à l’amour des créatures, puisque je n’en fus préservée que par la grande miséricorde du Bon Dieu!… Je reconnais que sans Lui, j’aurais pu tomber aussi bas que Sainte Madeleine et la profonde parole de Notre-Seigneur à Simon retentit avec une grande douceur dans mon âme… Je le sais: «celui à qui on remet moins, AIME moins» [Lc 7, 47] mais je sais aussi que Jésus m’a plus remis qu’à Ste Madeleine, puisqu’il m’a remis d’avance, m’empêchant de tomber. Ah! que je voudrais pouvoir expliquer ce que je sens!… Voici un exemple qui traduira un peu ma pensée. — Je suppose que le fils d’un habile docteur rencontre sur son chemin une pierre qui le fasse tomber et que dans cette chute il se casse un membre; aussitôt son père vient à lui, le relève avec amour, soigne ses blessures, employant à cela toutes les ressources de son art et bientôt son fils complètement guéri lui témoigne sa reconnaissance. Sans doute cet enfant a bien raison d’aimer son père! Mats Je vais encore faire une autre supposition. — Le père ayant su que sur la route de son fils se trouvait une pierre, s’empresse d’aller devant lui et la retire, sans être vu de personne. Certainement, ce fils, objet de sa prévoyante tendresse, ne SACHANT pas le malheur dont il est délivré par son père ne lui témoignera pas sa reconnaissance et l’aimera moins que s’il eût été guéri par lui… mais s’il vient à connaître le danger auquel il vient d’échapper, ne l’aimera-t-il pas davantage? Eh bien, c’est moi qui suis cette enfant, objet de l’amour prévoyant d’un Père qui n’a pas envoyé son Verbe pour racheter les justes mais les pécheurs [Mt 9, 13]. Il veut que je l’aime parce qu’il m’a remis, non pas beaucoup, mais TOUT. Il n’a pas attendu que je l’aime beaucoup comme Ste Madeleine, mais il a voulu que JE SACHE comment il m’avait aimée d’un amour d’ineffable prévoyance, afin que maintenant je l’aime à la folie!… J’ai entendu dire qu’il ne s’était pas rencontré une âme pure aimant davantage qu’une âme repentante, ah! que je voudrais faire mentir cette parole!… [pp. 99-100; nous soulignons en gras]

Ma Mère chérie, maintenant je voudrais vous dire ce que j’entends par l’odeur des parfums du Bien-Aimé. — Puisque Jésus est remonté au Ciel, je ne puis le suivre qu’aux traces qu’Il a laissées, mais que ces traces sont lumineuses, qu’elles sont embaumées! Je n’ai qu’à jeter les yeux dans le St Évangile, aussitôt je respire les parfums de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir… Ce n’est pas à la première place, mais à la dernière que je m’élance; au lieu de m’avancer avec le pharisien, je répète, remplie de confiance, l’humble prière du publicain; mais surtout j’imite la conduite de Madeleine, son étonnante ou plutôt son amoureuse audace qui charme le Coeur de Jésus, séduit le mien. Oui je le sens, quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais, le coeur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui. Ce n’est pas parce que le bon Dieu, dans sa prévenante miséricorde, a préservé mon âme du péché mortel que je m’élève à Lui par la confiance et l’amour. [pp. 296, 298; nous soulignons en gras]

[10]Dans ses paraboles, Jésus utilise souvent l’image du grain jeté en terre: la parabole du semeur (Mt 13, 3-9.18-23; Mc 4, 1-9.13-20; Lc 8, 4-8.11-15), la parabole du grain de sénevé (Mt 13, 31-32; Mc 4, 30-32; Lc 13, 18-19), la parabole de l’ivraie (Mt 13, 24-30.36-43), la parabole du grain qui pousse tout seul (Mc 4, 26-29), sans oublier la phrase de saint Jean sur «le grain de blé tombé en terre» (Jn 12, 24).

[11]Saint Augustin d’Hippone, saint Ambroise de Milan, saint Jérôme et saint Grégoire le Grand sont quatre Pères de l’Église d’Occident et furent les premiers à recevoir le titre de «Docteur de l’Église», en 1295, par le Pape Boniface VIII. En 1568, le Pape saint Pie V équilibra les choses en octroyant ce titre à quatre Pères de l’Église d’Orient: saint Athanase d’Alexandrie, saint Basile de Césarée, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome. Il conféra le titre également à saint Thomas d’Aquin (Dominicain, le «docteur angélique») et à saint Bonaventure de Bagnorea (Franciscain, le «docteur séraphique»).

[12]Saint Ambroise de Milan, Apologie de David, Sources chrétiennes, n. 239, (introduction, texte latin, notes et index par Pierre Hadot; traduction par Marius Cordier) Paris, Cerf, 1977. Sur le rapprochement entre David et Pierre, cf. §25, §50, §68; l’exemple de Paul est rapporté au §8 et celui de Marie-Madeleine au §49. Cf. également Catéchisme de l’Église catholique (CEC), n. 1481.

[13]Et cela nous ramène au récit de la femme adultère (Jn 8, 1-11).

[14]Liturgie des Heures, tome III, p. 256 (office des lectures du dimanche de la 14e semaine du Temps ordinaire).

[15]Cf. CEC 1736; 2538.

[16]Cf. Mère Paul-Marie, «La Lumière luit dans les Ténèbres» (Jn 1, 5) (numéro spécial, 11 février 1988, p. 3) [LR-NS1]; VA App. III, 273.

[17]Cf. §5, p. 77; §56, p. 151; introduction, p. 41.

[18]L’on pourrait multiplier les références, parmi les auteurs spirituels de la Tradition, qui attribuent au roi David le titre de «saint», de «bienheureux», de «grand» ou de «prophète». J’ai relevé les auteurs suivants, dans la Liturgie des Heures:

  • Proclus de Constantinople (tome I, p. 380);
  • Athanase d’Alexandrie (tome II, p. 261);
  • catéchèse de Jérusalem (tome II, p. 465);
  • Maxime de Turin (tome II, p. 631);
  • Tertullien de Carthage (tome II, p. 1329);
  • Grégoire d’Agrigente (tome III, p. 80);
  • Ambroise de Milan (tome III, p. 158; pp. 162-163; p. 273; tome IV, p. 1117);
  • Maxime le Confesseur (tome IV, p. 178).

Ajoutons encore:

  • sainte Thérèse d’Avila, Autobiographie, ch. XX, par. 10: Oeuvres complètes, (traduction de Marcelle Auclair) Bruges, Desclée de Brouwer, 1964, pp. 132-133; Le Château intérieur, troisièmes demeures, ch. 1, par. 4: Oeuvres complètes, p. 894;
  • la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, Visions, tome 2, troisième année, chapitre XXXIV «Jésus chez des bergers près du mystérieux chemin de David», édition 2013, p. 434; tome 3, quatrième partie, chapitre XLI «Fragments sur la descente aux enfers», édition 2013, p. 323;
  • le saint Curé d’Ars, cité par le Père Maurice Péloquin: «Un chrétien doit être un saint!» (Le Royaume, n. 137, novembre-décembre 1999, p. 7, 2e colonne) [LR-137];
  • sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Histoire d’une âme, pp. 238, 246.

[19]Cf. Liturgie des Heures, tome III, p. 196: présentation du double Livre de Samuel (office des lectures du dimanche de la 12e semaine du Temps ordinaire); tome III, pp. 211-212: traité d’Aelred de Rievaulx sur l’amitié spirituelle (en donnant l’exemple de la véritable amitié qui unissait Jonathan et David) (office des lectures du mercredi de la 12e semaine du Temps ordinaire); CEC 709; Compendium de la doctrine sociale de l’Église, nn. 324, 378; Mère Paul-Marie, «À quelque chose malheur est bon» (Le Royaume, n. 138, janvier-février 2000, p. 15, 2e colonne) [LR-138] (où Marie-Paule mentionne l’élection divine et l’onction royale du jeune David); Père Leander Van Renterghem, «Raoul Auclair et le mystère du «petit reste» (Le Royaume, n. 232, mars-avril 2015, p. 13) [LR-232] (où le Père Leander mentionne David et ses quatre cents hommes pourchassés par Saül).

[20]Cf. La Nuit spirituelle, livre I, ch. 12: Oeuvres complètes, (traduction de Cyprien de la Nativité de la Vierge) Paris, Desclée de Brouwer, 1989, pp. 415-416, 418; livre II, ch. 6: Oeuvres complètes, pp. 432-434.

À propos du thème de la sainteté, saint Raoul-Marie écrivait:

Être saint, ce n’est pas, tout de suite, être sublime. Sans doute, d’ailleurs, est-ce ne jamais l’être. C’est faire pauvrement, misérablement mais totalement la volonté de Dieu telle qu’elle se présente à chaque instant de notre vie. La sainteté commence quand on décide d’être saint. Ce n’est pas un futur pour quelques-uns. C’est un présent pour chacun, douloureux et doux. [extrait d’une lettre à un séminariste, cité dans la «Notice biographique de Raoul Auclair» publiée en 2007 à l’occasion de sa canonisation, à la page 26 de la brochure]

Le prêtre catholique belge Gérard Philips (1899-1972), théologien, écrivain, professeur à l’université catholique de Louvain et expert au Concile Vatican II, publia deux tomes intitulés: L’Église et son mystère au IIe Concile du Vatican, (histoire, texte et commentaire de la constitution Lumen gentium) Paris, Desclée, 1977. Voici ce qu’il écrivait dans le tome II sur l’imitation des saints:

Aux plus grands saints il arrive de connaître des défaillances ou de commettre des erreurs de jugement; sinon ils n’appartiendraient plus au groupe des chrétiens en marche. Ils ont parfois commis des fautes, écrit saint Ambroise, car ils étaient formés du même limon que nous. (Apologie de David, 2, 7: PL 14, 854 D) [p. 189]

Tout ce qu’ils ont accompli n’est pas un idéal à imiter par n’importe qui, sauf leur pénitence après le péché. D’ailleurs chacun possède son charisme propre. Les élus de Dieu ont ceci de particulier qu’ils dépassent la mesure commune au sein même de la dimension humaine de leur existence, en s’appuyant sur la grâce et la fidélité à l’Esprit du Christ. [p. 190]

Cf. Marc Bosquart, L’arc-en-ciel de la sainteté, où il est expliqué que la sainteté n’est pas synonyme de perfection:

La sainteté s’accommode donc fort bien de l’imperfection, mais aussi de la faiblesse et même de la faute. Il est clair en effet que tout être humain doit faire face au côté sombre de sa nature et parfois composer avec les «lésions» de son être. Celles-ci peuvent cependant être utiles à sa sanctification, pour autant qu’elles soient encadrées par une détermination puissante et gérées convenablement.

Quant à la simple imperfection, qu’il ne faut pas confondre avec la faute, elle est seulement limite, elle est restriction. C’est une sorte d’«à-côté de l’être», un effet d’hérédité, de tempérament, d’éducation, le rappel constant de sa condition terrestre, un levier qui joue pleinement son rôle quand il pousse à l’effort de sanctification, mais qui, dans le cas contraire, n’est pas de nature à empêcher celle-ci. Pour le reste et pour ce qui est d’atteindre la perfection, c’est autre chose…

/…/

Ainsi, Dieu préfère, et de loin, le pécheur qui cherche vraiment Dieu, même s’il s’égare en des croyances incertaines et des fois détournées, même s’il tombe et retombe en sa nature et dans son mal, même s’il se détruit dans sa quête… à l’être humain, riche de victoires sur lui-même, exemplaire à tous égards et présenté comme un modèle, mais qui ne se réfère pas à Dieu dans sa vie. Le contraire de la sainteté, ce n’est pas le péché, c’est l’indifférence envers Dieu. [pp. 24-25]

Ainsi se clôt ce petit survol de différentes formes de sainteté. L’on comprend mieux, de cette façon, la sainteté de l’un ou de l’autre et le fait qu’elle coexiste avec ses limites et ses imperfections, tant sont diversifiées les façons de refléter Dieu dans la nature humaine. [p. 33]

[21]Autobiographie, ch. XVI, par. 3: Oeuvres complètes, p. 106.

[22]«Une Lutte apocalyptique en vue d’un Triomphe éclatant» (Le Royaume, n. 189, janvier-février 2008, p. 22) [LR-189]. Cf. Raoul Auclair, «Nécessité et justification du Rosaire» (Marie, n. 16, mars 1978, p. 7, 3e colonne, et p. 9, 1ère colonne) [M-16] (où Raoul compare le Rosaire à la fronde de David)

[en fait, cette comparaison provient de la lettre encyclique Ingruentium malorum du Pape Pie XII, sur la récitation du rosaire, datée du 15 septembre 1951 et citée dans l’article de Raoul; et même en poussant plus loin, on découvre que saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans une «prière embrasée» ou «prière pour les missionnaires», demande au Seigneur Jésus que ceux-ci soient «des esclaves de votre amour et de votre volonté; des hommes selon votre coeur qui, sans propre volonté qui les souille et les arrête, fassent toutes vos volontés et terrassent tous vos ennemis, comme autant de nouveaux David, le bâton de la Croix et la fronde du saint Rosaire dans les mains»];

«Une armée?» (L’Étoile, n. 15, octobre 1980, p. 16) [E-15] (où Raoul met en parallèle la petite pierre qui détruisit le Colosse de Daniel et la petite pierre, «lancée par la fronde de David, qui abattit le géant Goliath»); Jean-Marcel Gaudreault, «Accepter le combat» (Le Royaume, n. 121, mai-juin 1997, p. 5) [LR-121]; Pierre Bernier, «Elle vient comme “Co-Rédemptrice, médiatrice et avocate”» (Le Royaume, n. 145, septembre-octobre 2000, p. 22, 2e colonne) [LR-145]; Jeannine T.-Blanchette, «Une Oeuvre d’Amour au rythme du divin» (Le Royaume, n. 161, mai-juin 2003, p. 18, 1ère colonne) [LR-161] (où Jeannine fait mention du nombre 5 comme «synonyme de Victoire» et où elle cite Monseigneur Fulton Sheen, qui compare les cinq cailloux de David aux cinq blessures du Christ sur la Croix).

 

2 réflexions sur “David, le roi pénitent

  1. Ce texte est à relire et à méditer souvent. Très inspirant! Il sera, pour sûr, une perle de sanctification pour celui qui s’y conformera au quotidien. Merci, P. David, pour ce beau texte ainsi que pour les textes, «…la lune ne donnera plus sa lumière…», «La joie de l’amour… sans la splendeur de la vérité?», et «LʼHeure du Témoignage» (travail très éclairant), qui continue de cimenter notre amour pour la Dame, son oeuvre et sa Communanté (l’Église de Jean).

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  2. Magnifique homélie, conférence et réflexion sur la grandeur du Saint Roi David. Oui, sa grandeur réside certainement dans son humilité et il est et restera pour toujours un modèle pour tout dirigeant qui veut diriger selon l’Esprit de Dieu. Si peu nombreux sont les dirigeants civils et religieux qui ont la belle humilité de ce grand Roi! Puisse-t-il s’inspirer du Roi David pour être de bons dirigeants! Comme le dit si bien Marie-Paule: «Car une Oeuvre de Dieu qui doit être relatée ne peut souffrir l’ombre du silence sur les erreurs ou les imperfections pour ne faire ressortir que les qualités ou les efforts pour les obtenir. Ce serait fausser l’histoire et, pour qui que ce soit, Dieu ne saurait supporter l’hypocrisie, le mensonge, les fautes d’omission au profit d’une relation dorée de faux brillants.» Prions pour nos dirigeants afin qu’à l’instar de Vie d’Amour et du Roi David, ils puissent continuer l’Oeuvre de la Dame dans ce même esprit qui animait le Saint Roi et surtout notre Reine et Mère de toutes les âmes, Mère Paul-Marie.

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