L’article du Père Umberto Pasquale

[Le texte qui suit est extrait du livre Le Secret de Marie, dont j’ai publié la deuxième édition le 7 novembre 2017, sur le site Lulu.com. Il s’agit de l’annexe 3 dans le livre. Ce texte ne figure pas dans la réflexion complémentaire que j’ai diffusée par courriel le 13 octobre 2017. Nous reproduisons à la une la page de L’Osservatore Romano qui contient l’article du Père Umberto Pasquale, avec l’aimable autorisation de ce journal. Voici une version pdf de cette page.]

Le Père Umberto Maria Pasquale (1906-1985) est un prêtre religieux de la Congrégation des Salésiens de Don Bosco. Originaire de l’Italie, le futur prêtre s’est installé au Portugal au début des années 1930. Il recevra l’ordination sacerdotale en 1935, des mains du Cardinal Cerejeira, le Patriarche de Lisbonne. Il devint le second directeur spirituel et le biographe d’Alexandrina Maria da Costa (1904-1955), une laïque mystique de Balazar au Portugal, qui sera béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 25 avril 2004.

Dans un article paru dans L’Osservatore Romano,[1] le Père Umberto, qui avait été confesseur auprès des religieuses de Sainte-Dorothée et, plus tard, auprès des Carmélites de Coïmbre, nous révèle qu’il est le confident et le correspondant de Soeur Lucie depuis 1939. Il a eu la chance de la visiter à plusieurs reprises et il a reçu d’elle 157 lettres à ce jour. L’article montre le «céleste jumelage» qu’il y a entre Fatima et Balazar, entre Soeur Lucie et Alexandrina, deux mystiques portugaises contemporaines.[2] Voici un témoignage hautement important du Père Umberto (nous soulignons en gras):

Siccome da tutti si attribuiva a Fatima la consacrazione del mondo al Cuore di Maria, in una conversazione con la veggente nel Carmelo di Coimbra, il 5 agosto 1978, domandai: «La Madonna a Fatima le ha parlato qualche volta della consacrazione del mondo al suo Cuore Immacolato?» Suor Lucia mi rispose di no. Volendo documentare il fatto le scrissi due anni dopo di volermi scrivere quanto mi aveva detto. Il 13 aprile 1980 mi scrisse: «La Madonna a Fatima si è riferita soltanto alla consacrazione della Russia.»

Puisque tous attribuaient à Fatima la consécration du monde au Coeur de Marie, dans une conversation avec la voyante au Carmel de Coïmbre, le 5 août 1978, je demandai: «La Madone à Fatima vous a-t-elle parlé quelquefois de la consécration du monde à son Coeur Immaculé?» Soeur Lucie me répondit que non. Voulant documenter le fait, je lui écrivis deux ans plus tard de me vouloir écrire ce qu’elle m’avait dit. Le 13 avril 1980, elle m’écrivit: «La Madone à Fatima s’est référée seulement à la consécration de la Russie.»

Plus loin dans l’article, le Père Umberto poursuit:[3]

La richiesta fatta a Roma da Suor Lucia, attraverso il vescovo di Leiria, nel 1932 non fu accolta. Nel frattempo, il primo agosto 1935, Gesù chiede ad Alexandrina di scrivere al Santo Padre affinché consacri il mondo al Cuore Immacolato.

La demande faite à Rome par Soeur Lucie, par l’intermédiaire de l’évêque de Leiria, en 1932, ne fut pas accueillie. Entre-temps, le premier août 1935, Jésus demanda à Alexandrina d’écrire au Saint-Père afin qu’il consacre le monde au Coeur Immaculé.

Le Père Mariano Pinho, le premier directeur spirituel d’Alexandrina, maintint une prudente réserve pendant plus d’un an. Le 18 juillet 1936, la guerre civile espagnole éclata, une guerre suscitée par Moscou afin d’instaurer le communisme dans la péninsule ibérique. Le 11 septembre de la même année, le Père Pinho, avisé par sa dirigée, se décida à écrire au Cardinal Eugenio Pacelli, Secrétaire d’État du Vatican, à propos de cette consécration du monde. Ayant prêché les exercices spirituels à l’épiscopat portugais en juin 1938, le Père Pinho a parlé de la requête d’Alexandrina et il obtint l’appui du Cardinal Patriarche et des autres évêques en faveur de cette consécration.

Tra i prelati firmatari della richiesta al Santo Padre vi era il vescovo di Gurza [Monseigneur Manuel Marilla Ferreira da Silva] che divenne più tardi confessore di Suor Lucia. Vedendo che Roma non aveva accolta la richiesta della consacrazione della Russia la consigliò a chiedere anche lei la consacrazione del mondo con una menzione speciale della Russia.

Parmi les prélats signataires de la demande au Saint-Père, il y avait l’évêque de Gurza [Monseigneur Manuel Marilla Ferreira da Silva] qui devint plus tard confesseur de Soeur Lucie. Voyant que Rome n’avait pas accueilli la demande de la consécration de la Russie, il lui conseilla de demander elle aussi la consécration du monde avec une mention spéciale de la Russie.

Soeur Lucie obéit à la suggestion de l’évêque de Gurza, écrivant au Pape Pie XII la lettre du 2 décembre 1940, mentionnée dans l’annexe précédente, à la note 106. Le Père Umberto continue:

Nella lettera scritta a me il 13 aprile 1980 dice: «Nella lettera che ho scritto al Santo Padre Pio XII — su indicazione del confessore — ho chiesto la consacrazione del mondo con menzione esplicita per la Russia.» Ma i desideri della Madonna non erano formulati così.

Dans la lettre qu’elle m’a écrite le 13 avril 1980, elle dit: «Dans la lettre que j’ai écrite au Saint-Père Pie XII — sur indication du confesseur — j’ai demandé la consécration du monde avec mention explicite pour la Russie.» Mais les désirs de la Madone n’étaient pas formulés ainsi.

La bienheureuse Alexandrina Maria da Costa est aussi comparée à la bienheureuse Marie du Divin Coeur de Jésus (1863-1899),[4] religieuse propagatrice de la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus, qui inspira le pape Léon XIII pour la consécration du genre humain au Sacré-Coeur, dans son encyclique Annum Sacrum du 25 mai 1899. L’article du Père Umberto se conclut avec un extrait d’un profil biographique d’Alexandrina présenté par la Congrégation pour la Cause des Saints:

Nel 1936, per ordine di Gesù, ella [Alexandrina] chiese al Santo Padre, per mezzo di P. Pinho, la consacrazione del mondo al Cuore Immacolato di Maria. Questa supplica fu più volte rinnovata fino al 1941 per cui la Santa Sede interrogò tre volte l’arcivescovo di Braga su Alexandrina; e alla fine la consacrazione fu fatta da Pio XII a Roma (in lingua portoghese), il 31 ottobre 1942.

En 1936, sur un ordre de Jésus, elle [Alexandrina] demanda au Saint-Père, par l’intermédiaire du P. Pinho, la consécration du monde au Coeur Immaculé de Marie. Cette supplique fut renouvelée plusieurs fois jusqu’en 1941, après quoi le Saint-Siège interrogea trois fois l’archevêque de Braga sur Alexandrina; et à la fin, la consécration fut faite par Pie XII à Rome (en langue portugaise), le 31 octobre 1942.

Ainsi, la consécration du genre humain au Coeur Immaculé de Marie, accomplie par Pie XII le 31 octobre 1942, est davantage une réponse à la demande transmise par Alexandrina, plutôt qu’à celle transmise par Soeur Lucie. L’article du Père Umberto Pasquale est clair là-dessus: la Vierge de Fatima a demandé la consécration de la seule Russie, chose que Rome n’a pas accepté. De plus, la consécration de la Russie revêt un caractère de plus grande solennité, puisque le Saint-Père doit la faire en union avec tous les évêques du monde (cette clause de collégialité ne figure pas dans la demande transmise par Alexandrina).

Rome ayant refusé la consécration de la Russie, on a l’impression que le Ciel a cherché à atténuer les méfaits de la Deuxième Guerre mondiale en demandant une consécration du monde (plus facile à accepter pour Rome). Cependant, le Ciel attend toujours la consécration de la Russie afin d’obtenir sa conversion, pour que le monde soit préservé (ou guéri) de ses erreurs et puisse retrouver la paix. La consécration du monde (demandée par Alexandrina) possède donc également la fonction de préparer à la consécration de la Russie (demandée par Soeur Lucie).

Le Pape Jean-Paul II (quatrième et dernier PASTOR ET NAUTA), en consacrant le monde à plusieurs reprises, a suivi les traces du Pape Pie XII (PASTOR ANGELICUS). Dans son acte du 25 mars 1984, il a ajouté la dimension collégiale, absente dans les démarches de consécration accomplies par son prédécesseur. Ces différentes consécrations du monde assument une valeur préparatoire à la consécration de la Russie, dont la Vierge a dit qu’elle se fera. Peut-être pouvons-nous comprendre en ce sens cette phrase du Ciel prononcée le 4 avril 2005:

«LE PAPE JEAN-PAUL II EST VENU PRÉPARER LE TRIOMPHE DE MARIE.» [cf. Le Secret de Marie, note 34]


Notes

[1]Dans l’édition quotidienne italienne du 12 mai 1982, en page 8, au moment où le Pape Jean-Paul II se rendait à Fatima pour la première fois.

[2]La bienheureuse Alexandrina Maria da Costa est célébrée liturgiquement le 13 octobre, jour de son décès en 1955 (autre nombre symbolique), lors du 38e anniversaire de la dernière apparition à Fatima et du miracle du soleil. Cela n’est certainement pas une simple coïncidence, comme nous l’avons vu pour le troisième message d’Akita, donné le 13 octobre 1973 (cf. Le Secret de Marie, p. 42).

[3]La mention de l’année 1932 dans la citation semble être une imprécision. En effet, le Pape Pie XI fut informé de la demande avant la communication céleste d’août 1931 à Rianjo (cf. Le Secret de Marie, p. 75).

[4]Maria Droste zu Vischering, fille de comte, est née le 8 septembre 1863 à Münster (Allemagne). Elle entra dans la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur le 21 novembre 1888. Elle est décédée le 8 juin 1899 à Porto (Portugal), au Couvent du Bon-Pasteur dont elle était la Mère Supérieure. Elle a été béatifiée par le Pape Paul VI le 1er novembre 1975. Sa fête liturgique est établi au 8 juin.

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