L’éclosion de la ROSE des Roses

[Dans le calendrier romain universel, outre la solennité de saint Pierre et de saint Paul (29 juin) et la fête de la Chaire de saint Pierre (22 février), la liturgie propose quatre mémoires obligatoires de saints papes: saint Corneille (16 septembre), saint Léon le Grand (10 novembre), saint Grégoire le Grand (3 septembre), saint Pie X (21 août). Le même calendrier propose en outre treize mémoires facultatives de papes canonisés, incluant saint Paul VI et saint Jean-Paul II.  Nous célébrons en ce 13 avril une autre de ces mémoires facultatives, celle de saint Martin Ier (649-655), qui est le dernier pape reconnu comme martyr par la liturgie. On rattache également la figure de Martin Ier à la définition dogmatique de la virginité perpétuelle de Marie, une vérité déjà proclamée dans les premières formulations de la foi et constamment réaffirmée dans l’histoire de l’Église. Lors du synode du Latran de 649, le canon 3 confesse et professe la maternité divine de «la sainte, toujours vierge et immaculée Marie», et que Jésus a été «conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption», la virginité de Marie «demeurant inaltérable aussi après l’enfantement». Cf. DS 503; Catéchisme de l’Église catholique, n. 496.

Le texte ci-dessous est une homélie que j’ai prononcée à l’occasion du baptême d’une petite fille prénommée Rose. La célébration eut lieu le 4 mars 2012, au Centre eucharistique et marial Spiri-Maria. Dans ma prédication, j’avais fait un lien avec la Prophétie des Papes de saint Malachie. Faisant suite à mes récents articles sur la thématique papale, il me fait plaisir de partager cette homélie, à l’occasion de la fête liturgique de saint Martin Ier, au lendemain de l’anniversaire de l’apparition de la Vierge de la Révélation à Trois-Fontaines (le 12 avril 1947, à Rome)]

  • Lecture: Ga 3, 26-28
  • Évangile: Mc 10, 13-16

*****

Ami de la famille de Simon et de Sophie, je ne peux que me réjouir avec eux de l’arrivée dans leur foyer d’une magnifique Rose. Cette joie se décuple lorsque nous considérons que Rose est leur huitième enfant, le nombre 8 étant le symbole de la perfection (ce qui n’empêche pas de continuer d’accroître la perfection). Me croirez-vous, chers amis, si je vous dis qu’en ce jour vous me faites la joie de célébrer mon huitième baptême?

De plus, Rose est la cinquième fille de la famille, ce qui est encore très symbolique, puisque la rose est la fleur à cinq pétales. Dans la fresque eucharistique derrière moi, dans laquelle apparaît le visage de la Co-Rédemptrice qui s’ajoute aux côtés du Rédempteur, une rose est représentée. Vous savez comme moi que la Rose est le symbole de la Dame, Celle que l’on appelle «la Fleur des Fleurs». Eh bien, dans la célèbre Prophétie des Papes de saint Malachie, «la Fleur des Fleurs», en latin FLOS FLORUM, est la cinquième des huit dernières devises![1]

Vous avez donc choisi comme sainte Patronne pour Rose, l’Immaculée en personne,

la Rose Mystique, le Pentacle sacré, la Fleur par excellence et surcroît d’excellence /…/, la Fleur des Fleurs, la Merveille des Merveilles, la Splendeur des Splendeurs.[2]

J’aimerais laisser la parole à notre Mère Paul-Marie, laquelle s’exprime ainsi dans son article «Pietro… Pierre» qu’elle a signé le 19 janvier 2002, il y a 10 ans:

Si les parents savaient l’importance de donner à l’enfant le prénom d’un saint Patron à sa naissance!… S’ils savaient la puissance du sacrement de Baptême et le lien qui unit l’enfant à Dieu, soutenu ensuite par les autres sacrements mis à sa disposition: purs dons d’un Dieu, Père si Bon, qui nous a créés pour être heureux avec Lui sur la terre et pendant l’éternité!

Quel chemin a préparé l’Éternel, par Marie, à travers les siècles et les millénaires!

L’Église de Pierre se souvient. L’Église de Jean… qu’en sera-t-il exactement? Dieu seul le sait! D’éclatantes lumières surgiront, car avec Dieu tout est grâce! Il suffit toujours d’accepter la Passion qui nous crucifie et qui, un jour, donne sa moisson de gloire. Qu’ils sont beaux, les sentiers d’Amour du Maître dont les largesses ne se comptent plus, surtout quand nos chrétiens, comme les patriarches, ont la sagesse de saisir Son appel inspiré!

Autrefois, le prénom d’un enfant relevait parfois de l’intervention divine ou angélique:

«Rassure-toi, Zacharie, ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean.» (Lc 1, 13)

«L’Ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit: “Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie, ton épouse: car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus: car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” Or, tout ceci advint pour accomplir cet oracle prophétique du Seigneur: “Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel.”» (Mt 1, 20-23)

Les parents attentifs et rivés à Dieu perçoivent souvent un appel pressant en faveur de tel ou tel prénom, comme un éclair de Dieu, qui donne à l’enfant un Patron dont il sera fier, un prénom chargé de gloire, un modèle ou un témoin glorieux du Christ. Tout est si grand et si doux quand Dieu est notre Guide. Seul Dieu connaît les Plans des Mystères qu’Il entend développer, cherchant parmi les êtres humains les coeurs réceptifs et généreux qu’Il comblera plus tard de Ses largesses, après avoir éprouvé leur foi.[3]

Dans ce même article de Marie-Paule, nous apprenons que

«L’AMOUR-DON EST ROSE; L’AMOUR-DON-TOTAL EST ROUGE.» [p. 8][4]

Oui, chère petite Rose, tu es un don d’amour de la part de Dieu pour nous tous! Dans quelques instants, je vais te donner le baptême d’eau, dans lequel tu vas revêtir le Christ (Mt 6, 28-29; Lc 12, 27). Plus pure et plus blanche qu’un lys, l’Amour divin circulera dans tes veines et rosira ton visage. Plus tard, lorsque tu seras prête à te donner totalement au Christ, tu pourras rougir tes lèvres de son Sang eucharistique, lui qui est venu te sauver

non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang. [1 Jn 5, 6]

Je conclus en laissant de nouveau la parole à la Fleur des Fleurs, que nous ne cessons d’accompagner sur son lit de douleur, sur sa croix de nacre:

Ma souffrance est aiguë, car je ne suis que la servante consciente de sa faiblesse, de ses limites, de ses imperfections qui sont plus évidentes à mesure que se dévoile la splendeur de l’Oeuvre divine et mariale. Ce qui me soulève, c’est l’éclosion de la ROSE des Roses qui vont couvrir la terre et porter leurs fruits de vertus et d’amour. Puissent Dieu-Trinité et l’Immaculée-Trinité en recevoir Leur moisson de gloire et d’action de grâces! Puisse l’humanité oublier bien vite l’instrument et brûler d’amour pour la conquête des âmes![5]

[«L’éclosion de la ROSE des Roses»: Marie-Paule évoque l’éclatement (la révélation, le dévoilement) de son propre mystère comme Fleur des Fleurs, alors que vient d’être installée à Spiri-Maria la fresque eucharistique, le 14 septembre 2001. La citation provient d’un article publié dans le numéro de novembre-décembre 2001 du journal Le Royaume, dans lequel Marie-Paule fait comprendre également la nature d’«avertissement» des attentats du 11 septembre qui ont mis le monde dans un état de choc spirituel.]


Notes

[1]Si l’on considère les quatre PASTOR ET NAUTA (cf. l’article «Pasteur et Nautonier»), la cinquième devise (FLOS FLORUM) représente également le huitième pape, dans la série des huit dernières devises (les devises 104 à 111). Cf. Raoul Auclair, L’Apocalypse, vol. III, p. 62.

104. [I] Religio depopulata [La religion dépeuplée]

[1] Benoît XV (1914-1922)

105. [II] Fides intrepida [La foi intrépide]

[2] Pie XI (1922-1939)

106. [III] Pastor angelicus [Le pasteur angélique]

[3] vénérable Pie XII (1939-1958)

107. [IV] Pastor et nauta [Le pasteur et le nautonier]

[4] saint Jean XXIII (1958-1963)
[5] saint Paul VI (1963-1978)
[6] vénérable Jean-Paul Ier (1978)
[7] saint Jean-Paul II (1978-2005)

108. [V] FLOS FLORUM [La fleur des fleurs]

[8] Mère Paul-Marie (1921-2015)

109. [VI] De medietate lunae [De la moitié de la lune]
110. [VII] De labore solis [Du travail du soleil]
111. [VIII] De gloria olivae [De la gloire de l’olivier]

Les trois dernières devises (109, 110 et 111) feront l’objet d’articles ultérieurs.

[2]Marc Bosquart, «Le Jour 1 de l’An 1 de l’Ère nouvelle» (Le Royaume, n. 30, avril 1985, p. 4) [LR-030].

[3]Le Royaume, n. 153, janvier-février 2002, p. 4 [LR-153]

[4]Cf. Père Maurice Péloquin, «La Croix et le triomphe de l’Amour» (Le Royaume, n. 169, septembre-octobre 2004, p. 7) [LR-169].

[5]«La divinisation de l’univers» (Le Royaume, n. 152, novembre-décembre 2001, p. 10) [LR-152].

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